Tuesday, February 05, 2008

DSD: Le fascisme médical nord-américain et la fabrication du consentement

par Curtis E. Hinkle

Une des questions les plus importantes concernant la controverse soulevée par le remplacement du terme « intersex » en anglais par le terme DSD (Trouble de développement sexuel) est très simple. Quel besoin avons-nous de changer d’appellation ? Une autre question vient alors immédiatement à l’esprit : à quoi cela sert-il d’avoir un diagnostic fourre-tout qui prétend concentrer toutes les variations sexuelles ?. Est-ce nécessaire et, si oui, pourquoi ? Autres questions importantes : qui sont les personnes qui ont recommandé ce changement et dans quel but ? Est-ce que cela nous concerne ?

L’Organisation Internationale des Intersexes déplore cette mesure arbitraire et inutile qui consiste à vouloir remplacer le mot « intersexué ». La seule personne intersexuée qui recommandait ce changement de terminologie était Cheryl Chase, la fondatrice de l’ISNA, Intersex Society of North America. Le plus important article en faveur de ce changement se trouvait dans un journal médical américain : le Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, co-écrit en 2005 par Alice Dreger, une personne non-intersexuée, son mari, Aron Sousa, qui lui est pédiatre, et Cheryl Chase.

"Changing the Nomenclature/Taxonomy for Intersex: A Scientific and Clinical Rationale", Alice Dreger et al, Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, 18. (729-733 (2005).

http://www.medhelp.org/ais/PDFs/Dreger-Nomenclature-2005.pdf

Dans cet article, les auteurs proposent de remplacer le terme « hermaphrodite » et les cinq catégories sexuelles qui en découlent - sexe féminin, sexe masculin, hermaphrodite vrai, pseudo-hermaphrodite masculin et pseudo-hermaphrodite féminin - par le terme « disorders of sex development » ou troubles du développement sexuel parce que, selon eux, cela fonctionne mieux dans un contexte médical. Le grand défaut de l’analyse des auteurs de cet article est le fait qu’on ne remet jamais en question la supposition que l’intersexualité soit une pathologie qui nécessite un diagnostic précis. L'article entier est basé sur la supposition que les variations sexuelles sont en effet pathologiques et exigent un traitement médical. Cependant, les auteurs ne donnent aucune preuve d’une telle affirmation et ce postulat erroné embrouille et obscurcit tous les arguments avancés dans l'article. Dans la mesure où nos corps ne sont pas si différents des corps des autres personnes et si l’on souhaite vraiment améliorer les soins de santé pour les personnes intersexuées, pourquoi ces auteurs n’ont-ils pas jugé bon d’écrire une étude sur les maladies qui nous affectent plus que les autres ? Le bon sens voudrait que l’on traite les maladies en question et non pas le sexe des personnes concernées. Les auteurs font le contraire dans cet article car ils tentent de mettre en évidence que c’est la variation sexuelle qui est en soi une maladie. Selon eux, c’est elle qui doit être traitée et ils concluent qu’il serait préférable que chaque personne intersexuée puisse bénéficier d’un diagnostic basé sur l’étiologie de son « trouble » (« disorder »). (1)

Pendant des années Alice Dreger et Cheryl Chase ont soutenu l’idée que l’intersexualité était une variation biologique, pas une condition pathologique. Sur le site de l’ISNA on lit : "L'intersexualité est une catégorie socialement construite qui reflète la variation biologique réelle." (2) Si c'est ainsi, il est aussi évident que la forme et la taille du nez sont aussi une variation biologique de même que la taille et la forme du clitoris. Si on veut changer la taille et la forme de son nez, on est libre de prendre cette décision. Les traitements sont disponibles et il y a des chirurgiens qui font ces opérations. Il n'y a aucun groupe que je connais qui veuille inventer un diagnostic fourre-tout qui inclut toutes les variations « anormales » des nez pour que celles-ci deviennent une nouvelle pathologie médicale afin de justifier les traitements et chirurgies sur les nez des enfants sans leur consentement. Les parents ont recours à la chirurgie esthétique et peuvent faire opérer le nez de leur enfant s'ils peuvent convaincre les médecins que sans cette opération leur enfant souffrirait et ne serait pas bien dans sa peau. On pourrait même argumenter que la forme et la taille du nez puissent être plus stigmatisantes que la taille et la forme des organes génitaux car d’habitude nous sortons à visage découvert.

Malgré les bonnes intentions des auteurs de cet article, l’intersexuation est toujours considérée comme une « urgence médicale » et cet article donne l’impression que nous nous trouvons face à une autre urgence socio-médicale : le besoin d’un nouveau terme qui soit plus précis d’un point de vu génétique et médical afin d’améliorer les traitements. Mais ne devrait-on pas déjà remettre en question l’idée que c’est l’intersexualité elle-même qui nécessite des traitements ?

L'article de Dreger promeut l'utilisation d’une terminologie médicale désuète en anglais depuis les années 1950 "les désordres de différentiation sexuelle" (puis « développement sexuel ») – en se servant de la technique de l'homme de paille dans ses arguments. Elle avait annoncé sur son site et sur le site de l’ISNA (qu’elle a contrôlé pendant des années) son intention d’éliminer le terme « hermaphrodisme » sans jamais avouer que c’était en fait le terme « intersex » dont elle désirait se débarrasser, au prétexte que ce terme n’est pas précis d’un point de vue médical.

In conclusion, we suggest the language of 'hermaphroditism' and 'pseudo-hermaphroditism' be abandoned. One possible alternative . . . is to use instead . . . the umbrella term "disorders of sexual differentiation". Such an approach would have the salutary effects of improving patient and physician understanding and reducing the biases that are inherent in the use of the current language of 'hermaphroditism'. - Dreger et al.

Pour conclure, nous suggérons que les termes 'hermaphroditisme' et 'pseudo-hermaphroditisme' soient abandonnés. Une alternative possible... on pourrait employer au lieu de cela... le terme fourre-tout "les désordres de différentiation sexuelle". Une telle approche aurait un effet salutaire et pour le patient et le médecin et réduirait des préjugés qui sont inhérents à l'utilisation de la terminologie actuelle de 'l’hermaphroditisme'. - Dreger et al.

Cette terminologie médicale désuète avait été adoptée en 2003 par l’agence fédérale des Etats-Unis sur les tares génétiques (NICHD) et un de leurs bureaux qui étudient les comportements « pervertis » et « anormaux », "The Network on Psychosexual Differentiation" (le réseau sur les questions de différentiation psychosexuelle). Avant cela, c’était l’Université John Hopkins, la même université qui défendait les expériences traumatisantes de Dr. John Money et qui soutenait sa théorie sur l’identité de genre (théorie qui continue à justifier les assignations de sexe sans le consentement de l’enfant) qui suggérait cette nouvelle terminologie. Ce sont ces deux institutions qui ont financé et embauché Alice Dreger qui est devenue la directrice du Consortium sur les DSD.

On sait que depuis des années que l’Université John Hopkins fait tout pour éviter des poursuites judiciaires de la part des victimes, indignées par les frauduleuses expériences scientifiques de John Money (expériences qui ont été dénoncées par Dr. Milton Diamond). (3) Pour cette université médicale, l’emploi d’un nouveau terme est une urgence car il pourrait permettre de justifier toutes ces expériences pratiquées sans le consentement des enfants. Il est aussi intéressant de savoir qu’Alice Dreger est une des rédactrices d’une de leurs publications officielles. (4) Il devient alors évident que cette activiste de l’intersexualité, qui n'est elle-même pas intersexuée, doit faire face à un conflit d’intérêts.

A-t-on vraiment besoin d’un nouveau nom pour les variations sexuelles ? Il y a beaucoup de personnes intersexuées qui diront que non et elles se sentent parfaitement à l’aise avec les deux catégories « sexe féminin » ou « sexe masculin ». Pour beaucoup d’entre nous, le mot « intersex » en anglais a été un facteur essentiel pour notre développement personnel et notre propre lutte pour les droits humains. Pas plus que certaines personnes qui sont convaincues que leur intersexuation est une maladie, il n’y a pas de militant intersexué qui milite en faveur de l’imposition de ce terme. Au contraire. Si toute personne intersexuée peut consulter un médecin afin de se faire soigner (comme toute autre personne d’ailleurs car les maladies ne sont pas spécifiques), il est aberrant de vouloir imposer un diagnostic fourre-tout à toutes les personnes intersexuées y compris celles qui trouvent que leur intersexuation est une variation naturelle. Mais ce triste état de fait s’explique si l’on prend conscience que cela est le fruit des réflexions et des calculs de personnes non intersexuées. Ce sont les personnes comme Dreger (non intersexuée), les médecins et certains parents qui sont en faveur de ce changement de terminologie, qui font peser d’inquiétantes et graves conséquences sur les protocoles et les traitements des personnes intersexuées ; en particulier concernant les enfants. Nous devons les tenir responsables de leurs actes et réagir afin de mettre fin à l’humiliation et la pathologisation.

Notes:

1. Page 733. "Changing the Nomenclature/Taxonomy for Intersex: A Scientific and Clinical Rationale", Alice Dreger et al, Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, 18. (729-733 (2005).

2. What is intersex? (Qu’est que c’est que l’intersexuation ?) http://www.isna.org/faq/what_is_intersex

3. L’histoire de John/Joan fut connue du public par un article de John Colapinto dans "The rolling stones", publié le 11 décembre 1997. Il était intitulé "The True Story of John/Joan". Voici un extrait de la dernière page de cet article:

"[…] Son histoire a secoué jusqu’aux fondations de l’édifice construit sur les théories de John Money dans les années 50. Il a mis en évidence une faiblesse centrale dans une théorie qui a perduré durant l’essentiel du 20ème siècle. C’est Sigmund Freud qui, le premier, a affirmé que le développement harmonieux d’un enfant en tant que garçon ou en tant que fille dépendait essentiellement de la présence ou de l’absence du pénis – notion centrale dans la théorie de Money du développement sexuel. C’est pour cette raison que John Thiessen a été transformé en femme. C’est une notion qui, aujourd’hui est aussi remise en question par les recherches en neurobiologies. Elles amènent les scientifiques à penser que, comme le Dr. Reiner le dit, 'l’organe sexuel le plus important n’est pas les organes génitaux, c’est le cerveau' […]"

4. Selon le site officiel du journal médical Perspectives in Biology and Medicine, les deux rédacteurs de cette publication du John Hopkins University Press sont Alan N. Schechter and Alice D. Dreger.

http://www.press.jhu.edu/journals/perspectives_in_biology_and_medicine/editorial.html


Thursday, January 17, 2008

Articles par Curtis E. Hinkle

Beaucoup de mes articles sont sur le site de l'OII.

http://www.intersexualite.org/Curtis.html

Friday, December 07, 2007

Groupes de Soutien

Les groupes de soutien sont la meilleure ressource pour l’information et le soutien psychologique. La plupart du temps, les patients doivent les trouver eux-mêmes, souvent longtemps après leurs traitements. Il existe des groupes de soutien, d'une part dans certains hôpitaux - où des réunions sont organisées par les patients -, d'autre part en ligne. Quelques groupes sont sévèrement modérés tandis que d'autres ne le sont pas. La ligne directrice est que nous avons besoin des uns et des autres, car autrement nous serions condamnés à vivre dans l’ignorance, l’isolement et la honte. C’est dans ces groupes que l’on trouve les experts. Ce sont eux qui sont les survivants, les chercheurs, qui fournissent le suivi dont on a tellement besoin. Les groupes de soutien offrent aux patients et à leurs familles l’opportunité d’entendre le vécu des personnes adultes. Voici ce que nous avons découvert en écoutant les survivants :

Pour lire l'article en intégralité:
http://www.intersexualite.org/Soutien.html

Monday, July 02, 2007

Anthologies disponibles sur Internet

Vous pouvez télécharger des anthologies de mes articles

En français
http://www.intersexualite.org/Hermaphrodites.pdf

In English:
http://www.intersexualite.org/Right_to_ones_self.pdf

Friday, September 08, 2006

Mythologie de la binarité


par Maud-Yeuse Thomas

En Occident, l’organisation des sexes sociaux se caractérise par l’existence de deux sexes sociaux, censément dictée par une équivalence de nature essentialiste entre la biologie, les identités et l’organisation de la société.

La binarité se compose du recouvrement du genre (personnel et social) par le sexe. Ce mode est un régime de médiations historique, socioculturel et politique, non un état de nature.

L’identité de genre donnée à la naissance (garçon ou fille) et inscrite dans la transmission intergénérationnelle subordonne l’identité de genre au sexe biosociologique (équivalence mâle-homme-masculinité et femelle-femme-féminité).

L’ancrage repose non sur la biologie mais sur la transmission d’identité. C’est la subordination de cette transmission inscrite comme simple événement à un ancrage naturalisant.

Le genre (masculinité/féminité) repose sur la subordination du vécu intérieur aux normes et statuts de la société binaire selon un découpage arbitraire de deux sexes sociaux dans cette équivalence vécu/normes-statuts. Cette fiction naturaliste du genre coïncidant au sexe a été vivement critiquée, mais ne semble pas sortir des ornières de l’essentialisme. Lequel essentialisme est issu directement du modèle binaire dominé par le régime patriarcal, hétérosexuel et masculin. Après le genre féminin, et sur cette base, l'Occident se créé un transsexualisme comme mode de transition afin de sauvegarder un modèle binaire partout contesté. L'instance de la psychiatrie va être nommée pour ce faire afin de réguler ce fait considéré comme nouveau, spécifique à l'Occident.

Modèle de deux sexes se doublant d’une fiction quasi religieuse dans la croyance en une identité causale et linéaire se construisant depuis/avec la naissance biologique. La transmission d'identité de genre à la naissance (c'est un garçon, c'est une fille) est gommée pour ce mode naturaliste.

Le modèle politique de la binarité, loin d’être un modèle fondateur s’avère une fiction naturalisante tendant à homogénéiser toutes les parties constitutives de la société humaine en un Tout indivis et insécable, linéaire et causal. L'homme et la femme découle de ce prodigieux constructionnisme historique qui n'a cessé de muter tout au long des siècles.

Ce modèle est également renforcé dans la clôture politico-idéologique en une naturalité hétérosexuelle sur le terrain de l’organisation de la société et notamment les institutions. En premier chef, la famille et le mariage hétérosexuel. L’hétérosexualité dans cette nouvelle fiction est composée d’une norme statutaire et institutionnelle composant la société dite traditionnelle. Cette mise en place du modèle de la "famille" a subi d'importants changement de la "famille élargie" à la "famille nucléaire" puis aujourd'hui sur toutes les reconfigurations de la famille recomposée, monoparentale, homoparentale, famille de 3 adultes (ou plus), famille avec des enfants étrangers adoptés, etc.

Dans ces mutations, il semble toutefois que l’inégalité et l’asymétrie des sexes sociaux (homme et femme) se soit déportée avec la modernité sur l’émergence de l’homosexualité et pour une infime part sur la bisexualité.

Pour lire tout l’article :

http://natamauve.free.fr/socialite_ternaire.html

Friday, September 01, 2006

Le respect intégral des droits humains des personnes intersexuées


Déclaration de l’OII – USA en faveur du respect intégral des droits humains des personnes intersexuées

En raison de la division arbitraire des êtres humains en deux catégories légales, homme ou femme, les personnes intersexuées sont privées de l'un des droits humains les plus fondamentaux, celui de pouvoir vivre et de pouvoir être reconnues telles qu'elles sont, c'est à dire en tant que personne intersexuée. Le sexe des êtres vivants n'est pas binaire et les deux sexes, homme et femme, ne sont pas une description valide de la réalité biologique. En conséquence, nous n'aurons jamais de définition valide de ce que c'est que d'être un homme ou une femme parce que, dans ce contexte, il n'y a pas de manière d'établir une définition qui évite aux personnes intersexuées d'être mutilées, normalisées et insérées de forces dans l'une ou l'autre de ces catégories. De ce fait nous demandons que:

1) Aucune personne intersexuée ne se voie imposée une insertion arbitraire dans l'une de ces catégories, car cela nous prive de notre droit le plus fondamental en entérinant la normalisation de force et l'intolérance contre notre sexe naturel – intersexe.

2) Que, d'une part, le gouvernement cesse les assignations forcées et arbitraires à un système sexiste et binaire et qu’il permette à toutes les personnes de s'intégrer aux sexes auxquelles elles se sentent appartenir. Si non, nous demandons que les personnes intersexuées se voient garantir le même statut légal et les mêmes droits que ceux dont disposent les autres personnes dont le corps est celui d'un homme ou d'une femme standard. Nous demandons donc à ce que nous puissions nous faire légalement reconnaître comme étant intersexes, avec le droit pour les personnes qui auraient ce statut de se marier avec qui ils/elles souhaitent, de disposer d'une protection entière contre toute forme de harcèlement sexuel (ce dont les hommes et les femmes disposent déja) et de pouvoir vivre en assumant ouvertement et fièrement notre identité en ayant une reconnaissance légale et médicale de notre sexe. Comme certaines personnes intersexuées s'identifient en tant qu'homme ou en tant que femme, ces dernières ne doivent en aucune manière se voir forcées de changer leur statut légal, ce qui serait également une violation de leurs droits les plus fondamentaux.

3) Nous croyons que ce serait un plus pour l'ensemble de la société que de reconnaître l'existence de personnes intersexuées et pas seulement pour les personnes intersexuées elles-mêmes. En procédant de la sorte, de nombreux stéréotypes sexistes et d'autres normes totalement artificielles en matière de genre seraient ainsi remises en question.

4) Nous affirmons ouvertement que nous sommes fier-e-s d'être nous-mêmes et que nous exigeons qu'il soit mis fin au silence, à la honte et à la normalisation forcée et institutionnalisée à notre encontre qui a encore force de loi dans ce pays.

Monday, August 28, 2006

Two-Spirit


par Rara Starblanket
Porte-parole de l'OII pour les Two-Spirits
http://www.intersexualite.org/TwoSpirit.html

Traduit par Marlène Riwkeh Mèges
Revu et corrigé par Curtis E. Hinkle

(Note du traducteur : Je n’ai pas voulu utiliser des mots hybrides tels que – « ami-e », « doué-e » dans ce texte. Le français ne peut pas exprimer une notion de trois sexes. Même si on considère que le neutre existe en français, cela ne résout pas le problème car les Two Spirits n’étaient pas « neutres » mais un sexe à part entière dans beaucoup de ces cultures. Donc, j’ai décidé d’employer et le masculin et le féminin, mais jamais un mélange des deux car cela donne une fausse idée des Two Spirits qui n’étaient pas un mélange de deux choses ou des hybrides, mais plutôt une catégorie de personnes qui intégraient complètement l’essence du Grand Esprit, tandis que les autres sexes n’en intégraient qu’une partie.)

Pour l’Oll, je suis la personne qui parle pour les personnes de troisième sexe, celles d'origine amérindienne. J’ai beaucoup d'écrits et d'objets historiques qui m'ont été présentés comme étant d'origine Franco-Chippewa. Cela m'a été dissimulé puisque mon père voulait oublier ce milieu parce qu'il était très discriminé comme métis, un sang mêlé comme l'on dit.

Ma découverte de cet héritage a coïncidé avec celle de mon intersexualité, des choses que l'on me cachait, oui bien sûr, mais nous devons comprendre la génération qui a gardé ces secrets. C’était des personnes qui ont vécu des conflits majeurs et les temps difficiles d'une crise économique. Ils étaient et sont une grande collectivité, aussi leurs petits secrets et leur morale rigide ne devraient pas éclipser le bien que cette génération a fait.

Suite de l'article:
http://www.intersexualite.org/TwoSpirit.html#anchor_29